La mobilité durable, au cœur du projet de l’île Seguin.
D'ici quelques années, le projet d'aménagement de l'île Seguin donnera naissance à un pôle culturel majeur en Île-de-France. Dès lors, se pose la question de l'accès des futurs salariés et des visiteurs sur une île située dans une zone dont le réseau de transport nécessite d'être adapté pour être à la hauteur des ambitions du projet.
Pour respecter les ambitions d'innovation et de laboratoire urbain de l'île Seguin, la SAEM Val-de-Seine a fait le pari de la mobilité durable et va contribuer au développement d'un intense maillage de transports en commun et de liaisons douces afin d'optimiser les accès à l'île et surtout de réduire au minimum la part de la voiture dans les déplacements. Le projet a d'ores et déjà attiré l'attention de la société du Grand Paris qui a décidé de créer la gare Pont de Sèvres – île Seguin, où passera le métro Grand Paris Express, afin de desservir au mieux la destination culturelle et de loisir d'envergure internationale que sera l'île Seguin.
Décryptage d'un concept essentiel pour les grandes métropoles de demain et de son application à l'île Seguin.
I – LA MOBILITE DURABLE, DECRYPTAGE D'UN CONCEPT.
1° Un besoin pour les métropoles.
Les zones urbaines de plus de 10 000 habitants constituent le cadre de vie d'une immense majorité de français (plus de 80%). Les évolutions urbaines de ces soixante dernières années (création de grands pôles d'emploi en dehors des villes, développement de villes nouvelles et étalement urbain) ont créé plusieurs centralités dans une même région, notamment en Île-de-France, intensifiant les déplacements inter-banlieues. Les logements et les lieux de travail sont de plus en plus dispersés ce qui crée une demande croissante en transport. Néanmoins, la faible densité de ces zones périphériques ne permettant pas d'offrir de solutions de transports en commun performantes, le recours à la voiture s'est généralisé dans les déplacements quotidiens.
Mode doux de déplacement sur le Trapèze à BoulogneAinsi, les principaux axes routiers sont congestionnés, ceci entraine une perte de temps (pour les individus mais aussi dans l'acheminement des marchandises) et des nuisances environnementales conséquentes. Selon un rapport de la Commission des Communautés Européennes, près de 100 milliards d'euros sont gaspillés chaque année au niveau européen du fait de ce phénomène. Le trafic urbain est également à l'origine de 40% des émissions totales de CO2 en Europe, de problèmes de stationnement, d'accidents de la route (un tiers d'entre eux surviennent en zone urbaine) et de problèmes de santé induits par la pollution ...
Le grand défi des métropoles du 21e siècle est de repenser leur système de transport dans son intégralité. Repenser la mobilité urbaine en mobilité durable consiste donc à trouver un nouvel équilibre entre les exigences de développement et les nécessités environnementales des métropoles, à favoriser l'accessibilité et le développement économique et social dans une optique globale de durabilité. Il est donc essentiel d'optimiser l'usage de tous les modes de transports, individuels et collectifs, et de favoriser leur connexion.
2° L'île Seguin, un projet de mobilité durable.
Intermodalité à l'approche de l'île SeguinLe projet d'aménagement de l'île Seguin, porté par la Ville de Boulogne-Billancourt et la SAEM Val de Seine, a été conçu depuis son lancement dans cette optique de mobilité durable et entend être exemplaire en la matière.
L'île Seguin est amenée à devenir un pôle culturel majeur en Île-de-France, véritablement inscrite au sein de la Vallée de la Culture, dont le rayonnement dépassera l'échelle de la ville de Boulogne-Billancourt et se déploiera au niveau régional, national et international. Elle offrira une programmation culturelle et touristique eccléctique qui engendrera une fréquentation étalée sur une amplitude horaire étendue. Les salles de concerts, les cinémas ou les restaurants nécessitent d'être desservis par des transports fonctionnant jusque tard dans la nuit.
Aujourd'hui, le réseau de transport qui entoure l'île Seguin est varié (axes routiers, bus, métro, tram, Vélib'). Néanmoins, il n'offre que peu de connexion intermodale. Le réseau suit trop souvent la topographie des lieux. La Seine joue encore le rôle d'un barrage naturel au passage entre Meudon, l'île Seguin et le Trapèze (mis à part quelques points de traversée déjà existants mais insuffisants comme le Pont Renault et le Pont de Sèvres). C'est pourquoi le projet d'aménagement accorde une grande place à la transformation en profondeur du réseau de transport entourant l'île Seguin insistant sur l'intermodalité, clé de voute de la mobilité durable.
II – L'INTERMODALITE, CLE DE VOUTE DE LA MOBILITE DURABLE
« L'intermodalité consiste à combiner plusieurs modes de transports sur un même trajet, à utiliser différents types de véhicules pour se rendre d'un point A vers un point B. Exemple : train + voiture, bus + vélo + marche à pied, etc. Cette logique vise à rationaliser les usages de l'automobile en offrant des alternatives de mobilité pertinentes. Objectif : fluidifier les déplacements et réduire leur empreinte écologique »
Le problème du réseau de transport entourant l'île Seguin n'est pas sa variété mais son morcellement. La Ville de Boulogne-Billancourt, la SAEM Val de Seine et la Communauté d'agglomération Grand Paris Seine Ouest, souhaitent mettre en place un système basé sur l'intermodalité, permettant ainsi un accès à l'île Seguin dans le respect des principes de mobilité durable.
1° Réduire la place de la voiture
Le maillage de transports à l'échelle restreinte
L'objectif premier est de réduire la place de la voiture dans les déplacements. C'est pourquoi les normes de stationnement sur l'île ont été volontairement plafonnées. Les constructeurs ne pourront réaliser qu'un nombre limité de places correspondant à un taux de venue en voiture des employés de 36% environ. Des dispositifs spatiaux et de contrôle d'accès à l'île seront également mis en place, limitant la circulation automobile au strict nécessaire obligatoire : dépose minute, véhicules de secours et de défense incendie et petite logistique. Un parking souterrain directement accessible à l'entrée de l'île sera réservé aux salariés y travaillant. Le but, affiché depuis la réouverture de l'île aux habitants en mai 2010 : rendre en priorité aux piétons l'usage de l'espace public.
Mais si le concept d'intermodalité vise à réduire l'usage de la voiture individuelle en ville en proposant d'autres moyens de transport (privilégier le service sur la propriété), il ne s'agit en aucun cas d'exclure la voiture du maillage de transport. « La voiture est un objet indispensable dans l'offre multimodale ». Pour répondre à la demande en places de stationnements des visiteurs, des parkings sont aménagés sur le Trapèze. Un premier, le Parking du cours de l'île Seguin est déjà en fonction près du Pont Renault et un autre verra le jour en 2014 aux pieds du Pont Daydé. De même, la SAEM Val de Seine demandera à chaque entreprise qui s'implantera sur l'île de mettre en place un PDE (Plan de Déplacement Entreprise) afin d'inciter ses employés, fournisseurs et clients à réduire l'usage de la voiture individuelle. Les PDE proposeront généralement la réduction du nombre de places de parking gratuit, l'incitation à l'utilisation des transports en commun par la participation aux frais d'abonnements, l'incitation au covoiturage, la facilitation du stationnement sécurisé du vélo ou encore le recours au télétravail. Enfin, un système innovant de mutualisation des parkings sera crée afin que les places occupées la journée par les salariés puissent être occupées le soir et le week-end par les visiteurs de l'île.
Néanmoins, la limitation de l'usage de la voiture doit nécessairement s'accompagner d'une offre complète en modes de transports alternatifs, connectés entre eux et répondant aux besoins en déplacement à toutes les échelles : locale et régionale.
2° Une intermodalité de l'échelle locale à l'échelle régionale.
Liaisons doucesA l'échelle locale, le projet de l'île Seguin est un projet d'aménagement de quartier. Ainsi, un réseau dense de circulation douce à destination des cyclistes et des piétons va se mettre en place. Un réseau de pistes cyclables va assurer une liaison avec les transports en commun existants et futurs et l'île Seguin. Les ponts Daydé et Seibert, qui relient l'île à Boulogne et à Meudon, seront réhabilités en vue d'accueillir le passage d'un Transport en Commun en Site Propre (TCSP), des voies cyclables et un aménagement pour les piétons.
Par ailleurs, pour faciliter les circulations douces et les connexions avec les transports en commun existants, la construction de deux passerelles piétonnes est prévue : l'une vers la ville de Meudon, menant au tram T2 et l'autre vers la tête du Pont de Sèvres, menant au pôle d'échange et notamment à la ligne 9 du métro.
Réseau de transport existantRéseau de transport à l'étude
Cette politique de déplacement doux menée au niveau local doit trouver un écho dans les transports lourds, tout d'abord au niveau communal. C'est pourquoi, sous l'impulsion du maire, GPSO, conscient des enjeux que représente le Grand Paris, a repris l'étude pour l'implantation d'un TCSP performant, rapide, accessible et écologique reliant l'île Seguin aux communes voisines. Ce TCSP circulera depuis Meudon jusqu'à Saint-Cloud en passant par l'île Seguin et en traversant le Trapèze du Nord au Sud. Il établira un maximum de connexions avec les réseaux déjà existants (le T2 et le Transilien à Meudon, le métro 9 à Boulogne). Un autre tracé de ligne de bus est à l'étude, proposé par GPSO, qui permettrait de relier Vanves au Pont de Sèvres, en passant par la gare RER C d'Issy et le tramway T2 aux Moulineaux.
Temps de parcours depuis l'île Seguin
De même, pour répondre aux besoins de déplacement entre banlieues, en agglomération, et au niveau régional, national et international, le métro du Grand Paris Express viendra desservir l'île Seguin grâce à une gare implantée au Pont de Sèvres, directement reliée à l'île par un accès souterrain. Cette décision majeure, prise en septembre 2010, deux mois après la présentation officielle du projet par Jean Nouvel, a été grandement influencée par la qualité du projet de l'île Seguin et le soutien de GPSO. Les bénéfices de cette implantation sont exceptionnels et donnent à l'île Seguin une connexion géographique à la hauteur des ambitions de son projet : l'île sera accessible depuis les principales gares et aéroports de la région parisienne en des temps records ! Cela permettra également de considérablement soulager la zone, point d'échange privilégié entre Paris et la banlieue ouest. Il faut également signaler que la gare de Meudon-Bellevue, accueillant le Transilien N sera rattachée au T2 par un transport en déclivité dont l'étude est encore en cours par GPSO.
Enfin, rappelons que le dispositif de transport fluvial Voguéo, mis en service en 2008 entre la gare d'Austerlitz et Maisons-Alfort, doit être étendu à Paris et au département des Hauts-de-Seine en 2013. Dans les différents scénarii envisagés, une escale devrait être créée sur les berges nord de l'île Seguin. Le STIF doit présenter son projet définitif courant 2011. Voguéo permettra d'assurer une desserte complémentaire dans le corridor Seine en répondant à une multiplicité d'usages : déplacements domicile-travail, déplacements de loisirs au sein de la Vallée de la Culture.
Zoom sur le noeud transport
Le projet de transformation de l'île Seguin et, plus largement, l'aménagement de toute la ZAC Rive de Seine, permettra donc la modification en profondeur d'un réseau de transport devant impérativement s'adapter aux nouvelles exigences des grandes métropoles urbaines. L'intense maillage de transport qui se créera autour de l'île Seguin inscrira toute la zone au cœur du Grand Paris et de la Vallée de la Culture. Si les travaux ne devraient pas commencer avant quelques années, il est cependant déjà envisagé de lancer le TCSP Val de Seine à court-terme afin de répondre aux demandes de transport des riverains.
La mobilité durable est donc inscrite au cœur du projet de l'île Seguin, en accord avec les ambitions écologiques et d'innovation du projet. Elle permettra une ouverture et une accessibilité de l'île au niveau régional, national et international, tout en préservant le cadre de vie privilégié de ses occupants ainsi que de ceux du Trapèze.
Pour aller plus loin :
- Site internet de la Vallée de la Culture
- Le métro du Grand Paris
- GPSO
- Voguéo
Notes :
http://ec.europa.eu/transport/clean/green_paper_urban_transport/doc/2007_09_25_gp_urban_mobility_fr.pdf
http://www.mobilite-durable.org/dossier-du-mois/l-intermodalite-cle-de-la-mobilite-durable.html
http://www.mobilite-durable.org/dossier-du-mois/decryptage/l-intermodalite-cle-de-la-mobilite-durable.html
La réouverture du pont Seibert aux piétons et cyclistes est prévue pour le mois d'avril 2011.






